Installer une borne de recharge en copropriété à Bruxelles est aujourd’hui possible, mais nécessite une approche structurée. Avec l’augmentation des véhicules électriques, les copropriétés doivent anticiper les demandes de leurs occupants et définir une solution adaptée à leur immeuble.
Cet article concerne principalement les copropriétés bruxelloises disposant de plus de trois emplacements de stationnement, pour lesquelles une infrastructure collective avec gestion intelligente de la charge représente généralement l’option la plus pérenne et évolutive. Les projets doivent notamment respecter les prescriptions techniques de Sibelga, les règles de copropriété et les contraintes électriques du bâtiment.
L’enjeu ne se limite donc pas à installer une borne, mais à mettre en place un système collectif, sécurisé, équitable et durable, depuis la décision en assemblée générale jusqu’à la gestion des consommations.
Les étapes en bref :
Pourquoi le sujet des bornes électriques en immeuble devient prioritaire
La transition vers l’électrique est déjà bien engagée. En Belgique, les véhicules électriques représentaient environ 35 % des nouvelles immatriculations en 2025, avec un parc estimé à plus de 450.000 véhicules. En 2026, les chiffres continuent cette progression.
Dans les faits, cela signifie qu’un nombre croissant de copropriétaires seront concernés dans les prochaines années.
Dans un immeuble de 30, 50 ou même 100 lots, attendre les premières demandes urgentes rend toujours la gestion plus hâtive. Anticiper permet de mûrement réfléchir le projet.
Quelle approche choisir pour votre copropriété ?
Avant même de parler technique ou budget, une question centrale se pose : quelle vision adopter pour l’immeuble ?
Dans les copropriétés bruxelloises, trois approches existent :
| Approche | Fonctionnement | Avantages | Limites | Adapté à… |
|---|---|---|---|---|
| Installation individuelle | Chaque copropriétaire installe sa borne à ses frais | Mise en place rapide, peu de coordination | Travaux répétés, saturation électrique, peu évolutif | Copropriété de 3 emplacements maximum |
| Infrastructure collective | Mise en place d’un réseau commun pour accueillir plusieurs bornes | Vision long terme, coûts maîtrisés, évolutivité | Demande une conscientisation collective et un budget supérieur | Copropriété à parti de 4 emplacements |
| Borne partagée | Une ou plusieurs bornes communes accessibles à plusieurs utilisateurs | Investissement limité au départ | Rapidement saturé si la demande augmente | Usage ponctuel ou phase transitoire |

Faut-il passer par l’assemblée générale ?
Il faut systématiquement passer par une assemblée générale. Et c’est une bonne chose. Une approche globale permet d’éviter des installations incohérentes ou coûteuses à long terme.
Les règles de vote en copropriété pour les bornes électriques
Lorsqu’il s’agit d’un projet collectif (infrastructure partagée, adaptation de l’installation électrique commune ou déploiement de plusieurs bornes), une décision de l’assemblée générale est nécessaire. Pour les travaux affectant les parties communes, la majorité requise est celle des deux tiers des voix. Toutefois, lorsque les travaux sont nécessaires pour assurer la conformité de l’immeuble à une obligation réglementaire, comme c’est le cas pour l’installation de bornes de recharge électrique, cette majorité est réduite à la majorité absolue (50 % + 1 des voix).
Qui paie les travaux ?
En copropriété, la répartition des frais est déterminée par les statuts, qui précisent la clé de répartition applicable. Les propriétaires contribuent aux frais de l’installation électrique commune en fonction de leurs quotes‑parts dans cette clé. En revanche, chaque propriétaire prend à sa charge l’achat et l’installation de la borne située sur son emplacement privatif ; cette installation peut intervenir après la réalisation de l’installation commune. Le coût de la borne peut, dans certains cas, être pris en charge par votre employeur.
Il existe également des tiers investisseurs susceptibles de financer l’ensemble des coûts de l’installation commune. Ce type de financement requiert toutefois la validation d’un nombre minimum de bornes à installer, généralement autour de 15 % de la capacité du parking.
Aides et fiscalité en Belgique et à Bruxelles
À ce jour, il n’existe pas de prime régionale bruxelloise ni d’avantage fiscal spécifique pour l’installation d’une borne de recharge résidentielle ou en copropriété.
La réduction d’impôt fédérale qui existait pour l’installation de bornes de recharge fixes a pris fin pour les dépenses réalisées après le 31 août 2024.
Les aides actuelles se concentrent sur les professionnels (PME, indépendants) via la déduction pour investissement et la prime utilitaire éléctrique
Sécurité et conformité
Les installations doivent respecter le RGIE ainsi que les exigences régionales.
Les contraintes peuvent varier selon la configuration du parking (souterrain, ventilé, fermé) et selon les recommandations locales, notamment à Bruxelles où le gestionnaire de réseau Sibelga joue un rôle central dans les prescriptions techniques
Concernant la sécurité incendie, l’arrêté du 29 septembre 2022 reprend les obligations légales concernant la sécurité incendie selon le type de parking. Les recommandations du Fire Forum préconisent des dispositions complémentaires, selon la taille et la configuration du parking, certains dispositifs comme des systèmes de détection, des sprinklers ou des solutions d’extraction des fumées.
Attention à la capacité électrique
La capacité électrique disponible est un point essentiel à vérifier avant l’installation de bornes de recharge en copropriété.
Dans de nombreux immeubles, notamment les bâtiments anciens, l’installation existante n’a pas été conçue pour alimenter plusieurs véhicules électriques simultanément. Une analyse préalable permet de déterminer si des adaptations sont nécessaires ou si la puissance disponible est suffisante.
En Région bruxelloise, les prescriptions techniques de Sibelga encadrent ces installations. Lorsque plusieurs bornes sont prévues, un système de gestion dynamique de la charge (Load Balancing) est incontournable afin de répartir intelligemment la puissance disponible et d’éviter une surcharge de l’infrastructure électrique.
Cette approche permet à la copropriété de développer une solution évolutive, adaptée aux besoins actuels et futurs.
Pour Bruxelles, Sibelga a émis un guide contenant les prescriptions techniques pour l’installation de bornes électriques dans les immeubles.
Organiser la consommation
Load Balancing : répartir la puissance disponible
Au-delà de l’installation, la gestion de la consommation est souvent le vrai enjeu en copropriété. Les solutions actuelles reposent généralement sur un équilibrage dynamique de la charge. Le Load Balancing permet notamment de répartir automatiquement la puissance disponible entre les différents véhicules connectés afin d’éviter une surcharge de l’infrastructure électrique de l’immeuble.
L’objectif est d’éviter les conflits entre copropriétaires tout en optimisant la capacité électrique disponible. Bien anticipé, ce point permet de rendre le système stable, équitable et évolutif dans le temps.


Facturation : le rôle du CPO
La facturation des recharges est généralement assurée par un CPO (Charge Point Operator). Les utilisateurs accèdent aux bornes avec leur carte de recharge personnelle ou professionnelle et les coûts d’énergie sont directement imputés au consommateur final.
Le CPO reverse ensuite à la copropriété le montant correspondant aux consommations enregistrées sur les bornes. Les éventuels impayés sont pris en charge par le CPO et non par la copropriété. Ce fonctionnement permet ainsi de séparer la gestion technique de la recharge de la gestion financière de la copropriété, tout en assurant une répartition transparente des consommation.
Le rôle du syndic dans ce projet
Dans ce contexte, le syndic joue un rôle structurant.
Il intervient dès l’analyse de faisabilité, organise les consultations, prépare les décisions en assemblée générale et assure le suivi des travaux. Dans les copropriétés, cette coordination fait toute la différence.
ASVEDEC accompagne les copropriétés à Bruxelles
ASVEDEC est un syndic à Bruxelles spécialisé dans les copropriétés moyennes et grandes.
Nous accompagnons les immeubles dans leurs projets techniques et structurels, dont l’installation de bornes de recharge. Notre approche : anticiper, structurer et sécuriser chaque décision.
Nous avons déjà accompagné plusieurs copropriétés dans la mise en place d’infrastructures communes de recharge, avec notamment des projets comprenant 90 et 30 bornes. Cette expérience nous permet d’aborder ces projets avec une vision globale, en tenant compte des enjeux techniques, organisationnels et collectifs propres aux immeubles.
Vous envisagez un projet dans votre copropriété ?
La conclusion
L’installation de bornes de recharge en copropriété à Bruxelles est pleinement possible, mais requiert une préparation rigoureuse (étude technique, décision de l’assemblée, règlement d’usage). Bien planifié, ce projet répond aux besoins présents et futurs, augmente la valeur des emplacements de parking et constitue un atout pour les locataires.
F.A.Q.
Peut-on installer une borne sans accord ?
Non. Dans le cadre d’une copropriété, l’accord de l’ACP (Association des copropriétaires) est nécessaire avant l’installation d’une borne de recharge.
L’assemblée peut toutefois s’y opposer uniquement pour des motifs légitimes et dûment justifiés
Quelle est la meilleure solution d'installation ?
Dans la majorité des copropriétés, une infrastructure commune équipée d’un système de Load Balancing constitue la solution la plus évolutive. Elle permet de répartir intelligemment la puissance électrique disponible entre les différents utilisateurs, d’éviter les surcharges et d’anticiper l’augmentation future du nombre de véhicules électriques dans l’immeuble.
L’assemblée générale peut-elle refuser une installation ?
Oui, mais uniquement dans des situations justifiées. Un refus peut intervenir en cas d’impossibilité technique démontrée ou de coût jugé exorbitant, sur base d’éléments motivés et après dérogation de l’autorité délivrante.
Le syndic peut-il gérer les recharges et la facturation ?
Dans une installation collective, la facturation est généralement assurée par un CPO (Charge Point Operator). Les utilisateurs se rechargent à l’aide de leur carte personnelle ou professionnelle, et les coûts liés à leur consommation d’énergie sont directement imputés au consommateur final.
Le CPO reverse ensuite à la copropriété le montant correspondant aux consommations enregistrées sur les bornes. Les éventuels impayés sont pris en charge par le CPO et non par la copropriété, ce qui permet de garantir une gestion transparente et de limiter les risques financiers pour l’immeuble.